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2016-07-25 12:21:55

Michael Kors : il fait le job

korsEn trente-cinq ans de mode, Michael Kors n’a jamais cessé d’innover. Aujourd’hui, il règne sur New York avec un goût inaltérable pour le sport chic.

Par Mathilde Berthier

Un empire se mesure avec des faits : quatre- cents boutiques dans le monde, huit millions de followers sur Instagram, trois lignes distinctes de prêt-à-porter (Michael Kors, Michael Kors Collection et Michael Michael Kors)… et la force d’un homme, passé de simple vendeur à magnat du luxe. L’histoire est belle, d’autant qu’elle résonne comme un conte de fées. Petit garçon, Michael rêve de faire carrière à Broadway, dans le music-hall. Et puis la mode lui tombe dessus, bien avant l’âge de raison. À 5 ans, il conseille sa mère sur le choix de sa robe de mariée – la mode aussi a ses prodiges. Son diplôme en poche, il intègre le Fashion Institute of Technology de New York, pour finalement abandonner ses études quelques mois plus tard et décrocher un poste de vendeur. Entre- preneur dans l’âme, il lance une marque à son nom à tout juste 22 ans, avec une seule idée en tête : “Faire fusionner sportswear et glamour. C’était déjà mon objectif à l’école et c’est ce que je continue à faire en 2016.” Kors a 38 ans quand il quitte New York pour rejoindre Céline à Paris. Acquise un an plus tôt par le groupe LVMH, la maison française trouve en lui l’idéal fer de lance d’un renouveau. Pari réussi : en douze saisons (de 1997 à 2003), la marque double son chiffre d’affaires, s’offre des castings de stars (Gisele Bündchen, Carmen Kass, Malgosia Bela, etc.) et intègre le peloton des cadors du it-bag. Aujourd’hui encore, le sac reste l’emblème de Michael Kors, adoubé par des générations de femmes: “Je suis quelqu’un de très pragmatique. J’aime le glamour, mais le glamour fonctionnel. C’est capital quand vous dirigez une marque.”

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Ce génie de l’évidence, porté par un businessman en costume et lunettes aviateur, offre au luxe de nouvelles perspectives. Avec Michael Kors, le cool devient la condition sine qua non d’une collection réussie. La bonne pièce est celle que l’on adopte dix-huit heures sur vingt-quatre : “Je travaille le casual car c’est comme ça que les gens s’ habillent. Aujourd’hui, les femmes veulent des pièces efficaces : toujours chic, mais qui peuvent être portées au quotidien. La seule réalité, c’est que la vie va très vite, et que les gens ont tendance à porter des vêtements sur lesquels ils peuvent compter.” Le discours est réaliste, tout comme l’homme, dont la franchise légendaire a fait exploser les audiences de Project Runway, émission de télé américaine dédiée à la mode. Il assumera son rôle de jury de 2004 à 2012 sans jamais abandonner son franc-parler. À 57 ans, et trente-cinq ans de carrière au compteur, le New-Yorkais est pourtant loin d’avoir abattu toutes ses cartes. Il a lancé à Baselworld ses premières montres connectées, vient d’inaugurer à Tokyo un flagship de 7 800 mètres carrés et affole toute la côte ouest avec sa ligne “Collection”, déjà chère à Kate Hudson, Blake Lively ou Naomi Watts. Mais son grand combat, c’est en coulisses qu’il le mène, œuvrant depuis plusieurs années contre la faim dans le monde en acteur majeur du United Nations World Food Programme. Tout empereur qu’il est, l’homme conclut avec pragmatisme : “Quand je vois une femme porter du Michael Kors dans la rue, j’ai l’impression de bien faire mon job.”

Backstage du défilé Mickael Kors Collection Automne-Hiver 2016-17, à New York

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