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2016-06-23 06:00:22

Mes Dernières Lectures #24

Les lectures que je vous présente aujourd’hui datent un peu, un mois pour la première ! J’ai de fait mis du temps à trouver les mots qui expriment mon avis à leur sujet, pour trois raisons différentes: l’étrangeté de l’un, l’incroyable puissance de l’autre, et l’impression perplexe que m’a laissé le troisième.

Je dois néanmoins souligner le fait que l’article d’aujourd’hui contient l’un de mes meilleures découvertes littéraires de tous les temps, une absolue pépite exigeante mais addictive que je ne peux que vous recommander. Alors c’est parti !lectures-mai-juin2016

La Végétarienne, de Han Kang, éditions Le Livre de Poche

Résumé: Une nuit, Yonghye, femme discrète dévouée à un mari banal, fait un rêve sanguinolent, qui la dégoûte définitivement de la chair animale. S’ensuit une descente progressive vers la folie, dans une quête de végétalisation complète, d’abord de son mode de vie, puis de sa personne toute entière.

Mon avis: La Végétarienne est sans doute le (tout petit) roman le plus étrange que j’aie pu lire depuis longtemps. Divisé en trois actes de plus en plus dérangeants, il a le mérite de laisser une impression unique.

Avec une plume très factuelle, très retenue comme souvent chez les auteurs asiatiques, Han Kang raconte la décadence, la folie, un érotisme sombre, et la mort. Ce contraste entre la délicatesse de son style et la noirceur de plus en plus profonde du sujet, additionnée de quelques passages très oniriques et symboliques, fait un effet très étrange.

On ne s’attache pas vraiment à la protagoniste, trop lointaine, perdue dans le monde du concept; peut-être un peu plus à certains personnages secondaires, puisque l’on peut connaître leurs ressentis et les comprendre. Néanmoins, le style de la narration donne la sensation d’observer tout ce qui se passe de l’extérieur, presque comme un voyeur, ce qui participe au côté dérangeant de cette lecture.

Je crois qu’il vaut mieux que je ne vous en dise pas trop. À vous de découvrir ce texte poétique et perturbant s’il vous intrigue, pour une expérience de lecture très particulière.

Ma note: 4/5

Le Nom de la Rose, d’Umberto Eco, éditions Le Livre de Poche

Résumé: En l’an 1327, le moine franciscain Guillaume de Baskerville et son novice, Adso, se rendent dans une abbaye italienne très réputée afin d’assister à une réunion théologique de première importance sur la pauvreté du Christ. Mais la situation à leur arrivée est assombrie par la mort violente de l’un des moines; l’abbé demande à son invité de faire toute la lumière sur cette affaire avant que la délégation de l’Inquisition ne s’y implique. Alors que les assassinats continuent, Baskerville lève peu à peu le voile sur les moeurs des moines, et le mystère qui entoure l’extraordinaire mais très protégée bibliothèque de l’abbaye…

Mon avis: Plusieurs semaines après avoir reposé ce roman, je ne sais toujours pas trop comment exprimer ce que je ressens pour lui, à part que c’est un immense coup de coeur et de tête à la fois.

Aujourd’hui encore, son ambiance m’habite, ses scènes se rejouent dans ma tête et j’y repense très régulièrement – ce qui est souvent bon signe. Le Nom de la Rose m’a marquée à vie, je crois, et entre directement sur le podium des romans que je porterai toujours dans mon coeur, aux côtés du Rivage des Syrtes de Julien Gracq par exemple. C’est sans conteste ma meilleure lecture de l’année avec L’île Mystérieuse de Jules Verne, et l’une des meilleures lectures de ma vie.

J’ai aimé la plume d’Umberto Eco, savoureuse, érudite sans être opaque. J’ai aimé l’ambiance sombre, à la fois chargée et silencieuse de l’abbaye. J’ai aimé la diversité des personnages, leur façade, leurs secrets. J’ai aimé le génie de l’auteur, qui arrive à fusionner un contexte historique, des problématiques philosophiques, et une intrigue façon thriller, qui accroche le lecteur jusqu’à la toute fin malgré le texte dense et truffé de citations latines. J’ai aimé cette densité, aussi, justement, ce foisonnement de mots, cette exigence qui m’immergeait plus profondément encore dans l’histoire, tant je devais m’y abstraire du reste du monde. Je me suis attachée aux personnages, particulièrement le frère Guillaume, dont la modernité, la sagesse emprunte d’humour et de recul, donne lieu à de très intéressants points de vue et réflexions. Enfin, j’ai aimé la problématique qui se love au coeur de ce récit, celle des livres et plus particulièrement du Savoir, de la Vérité, qui est aujourd’hui encore terriblement d’actualité.

Si vous n’avez pas encore découvert ce chef d’oeuvre et qu’une lecture un peu exigeante ne vous fait pas peur, foncez ! À défaut, vous pouvez également regarder le film de Jean-Jacques Annaud, du même nom, que j’ai apprécié bien qu’il soit un peu édulcoré et un chouïa plus « commercial » à mon goût.

Ma note: 5/5

Replay, de Ken Grimwood, éditions Points
#clublectureMS Juin 2016

Résumé: En pleine discussion frustrante avec son épouse, Jeff, 43 ans, meurt soudainement d’une crise cardiaque. Quelques minutes après, il se réveille dans sa chambre d’étudiant. Son coloc, ses posters, son corps à nouveau jeune, sa petite amie de l’époque – tout concorde à lui faire accepter l’impossible: il est de retour dans les années 60 et recommence sa vie d’adulte. C’est le début pour Jeff de ce qui semble un éternel recommencement, et autant de nouvelles chances de changer son existence.

Mon avis: J’attendais beaucoup de ce roman, dont le résumé m’intriguait, et dont j’avais surtout entendu énormément de bien autant sur différents sites critiques que de la part de lectrices et membres du #clublectureMS.

Malheureusement, j’en ai été un peu déçue: il m’a souvent ennuyée, et n’a en tous cas pas su me transmettre ses émotions. J’imaginais être touchée par des questionnements profonds tenant à notre vie humaine, à la temporalité, pour finalement ne jamais me sentir vraiment concernée par le destin du protagoniste, qui me semblait anecdotique. Le fait de ne pas beaucoup m’attacher à lui, de ne pas partager son esprit ni ses intérêts, ne m’a pas non plus aidée à vouloir connaître ses aventures.

Le thème était pourtant très intéressant, et plutôt bien développé, surtout à partir d’un certain tournant un peu tardif dans l’intrigue qui à mon sens faisait toute l’originalité de cette histoire – sans quoi il n’y aurait d’ailleurs eu que très peu d’intérêt à la suivre plus avant. Mais le côté répétitif de chaque nouvelle existence, les détails trop développés et les passages trop rapidement évoqués m’ont un peu gâché la puissance du concept initial. Je dois également avouer être sortie assez perplexe de ma lecture en raison de son côté très factuel, justement, sans explications ni conclusions morales sur le phénomène du retour dans le temps.

Néanmoins, j’ai apprécié certains passages plus émouvants (notamment sur la perte d’êtres aimés, le lien à la famille, etc…) et les problématiques développées dans la seconde moitié du roman – celles que j’aurais voulu beaucoup plus puissantes et présentes dans ce récit. Contrairement à certains avis que j’ai vu passer, j’ai également apprécié le style de l’auteur, bien qu’il soit certainement bien plus agréable en version originale.

En bref, une histoire intrigante et pleine de potentiel qui n’a malheureusement pas vraiment répondu à mes attentes plus « épiques » et métaphysiques.

Ma note: 3/5

***

Avez-vous lu l’un de ces titres ? Qu’en avez-vous pensé ?
Sinon, y en a-t-il un qui pourrait vous intriguer ?

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